SAINT -  LOUIS     1997 - 2005

 

 

 


  
         

 

 



La lumière de Saint Louis est souvent brûlée, laiteuse.

Quand on découvre l'île par la route de Dakar, les ocres, les bleus et le blanc des maisons, de l'autre côté du pont Faidherbe apparaissent comme un mirage flottant sur l'eau limoneuse du fleuve.

A cheval sur l'Afrique et le monde arabe, dans un décor déliquescent, la ville est attachante.

On reste subjugué par cette lumière, les bâtiments un peu décrépits, les rues ensablées, la nonchalance des gens assis à l'ombre des trottoirs, les mosquées, l'omnipotence de la religion.

De Saint Louis on peut passer le pont de Guet Ndar, le village des pêcheurs. La première impression est oppressante, il y a les odeurs de poisson séché, d'égouts, de pisse, de bouffe mélangées, et il y a la promiscuité, ça grouille littéralement, soixante dix mille habitants sans compter les moutons, les chèvres, les chevaux, sur à peine deux kilomètres carrés.

          

Pour y rentrer il faut une clé, quelqu'un qui peut vous prendre par la main dans le dédale des ruelles, vous faire traverser la foule, vous aider à trouver ce qu'on ne trouve nulle part ailleurs, un trésor négligé, une poignée de mains échangée avec un vieux, ou ce bout de planche dont on a justement besoin, cette tôle, ce bois de pirogue qu'il faut déclouer, et fendre, pour en faire des encadrements originaux de peintures que personne ici ne verra jamais.

 Quand on revient ensuite sur l'île même de Saint Louis, les rues paraissent presque trop propres, on ne trouve plus rien à se mettre sous les yeux, on se rend compte qu'on a appris à voir autrement, qu'on a fait un pas sans s'en être aperçu.

 

 

 

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Marcher.

Seul.

Serein.

Souriant.

S'imprégner du monde, s'extasier à chaque pas, disponible, ouvert.