MARRAKECH   2009-2010

 

Je suis dans la montagne, le Haut-Atlas, à mi-chemin entre le col du Tichkal et Ouarzazate. J'y passe la nuit avec des amis marocains, dans une maison d'hôtes bien agréable.
Le soleil s'est couché derrière les pics enneigés, la pénombre s'approfondit. Soudain des feux s'allument sur les flancs rocheux, au-dessus du douar. De l'autre côté de la vallée c'est la même chose. On se demande de quoi il s'agit: charbon de bois? Ecobuage? Notre hôte nous explique que c'est le nouvel an berbère. Amazigh lui-même, il nous invite à le célébrer avec lui.
     
 
On grimpe donc à sa suite derrière la maison,
et on a un peu de mal à trouver un buisson digne de ce nom dans la pierraille.
Il nous demande d'y mettre le feu et de nous concentrer sur tous les problèmes, les conflits de l'année écoulée. C'est eux qu'on brûle, qu'on efface, qu'on oublie, pour démarrer une nouvelle année à zéro. J'aime cette manière de voir.
Mais gare à celui qui restera trop longtemps à contempler son feu et redescendra le dernier, car il portera alors tous les malheurs accumulés de tous les autres.