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Je suis dans la
montagne, le Haut-Atlas, à mi-chemin entre le col du Tichkal et
Ouarzazate. J'y passe la nuit avec des amis marocains, dans une maison
d'hôtes bien agréable.
Le soleil s'est
couché derrière les pics enneigés, la pénombre s'approfondit. Soudain des
feux s'allument sur les flancs rocheux, au-dessus du douar. De l'autre
côté de la vallée c'est la même chose. On se demande de quoi il s'agit:
charbon de bois? Ecobuage? Notre hôte nous explique que c'est le nouvel an
berbère. Amazigh lui-même, il nous invite à le célébrer avec lui.
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On grimpe donc à
sa suite derrière la maison,
et on a un peu de mal à trouver un
buisson digne de ce nom dans la pierraille.
Il nous demande
d'y mettre le feu et de nous concentrer sur tous les problèmes, les
conflits de l'année écoulée. C'est eux qu'on brûle, qu'on efface, qu'on
oublie, pour démarrer une nouvelle année à zéro. J'aime cette manière de
voir.
Mais gare à
celui qui restera trop longtemps à contempler son feu et redescendra le
dernier, car il portera alors tous les malheurs
accumulés de tous les autres.
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