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Presque à
l'infini ondulent des vagues de cailloux parsemés de fleurs bleues et
d'herbes folles. C'est exceptionnel, il n'a pas plu autant depuis trente
ans. Barrant l'horizon, les neiges de l'Atlas.
Là, au milieu de
nulle part, assis sur une pierre parmi la mer de pierres, un berger. Il
s'appelle Hammou. Il est le dernier berger du douar. Depuis quarante ans,
chaque jour au lever, il mène son troupeau sur le plateau. Et chaque soir
au coucher du soleil il redescend.
La journée, il
rêve, il observe le temps qui passe, médite sur un brin d'herbe, parle aux
bêtes leur langue, déterre quelques truffes, bavarde tranquillement avec
le paysan sur son âne qui revient du souk. Depuis peu, quelques voitures
soulèvent parfois la poussière, et ne s'arrêtent pas.
Il est vêtu
comme un vagabond, de chiffons noués, casquette Nike ligotée d'un turban
qui fut blanc et lui masque la barbe, veste ouvrière jetée sur l'épaule,
et ce Mapa, incongru, qui lui gante la main droite.
On le dirait
fou. Il est peut-être sage.
D'ailleurs il
s'en fiche. Les moutons aussi.
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